concerts ayant changé mon existence

par Maxime Barré

  • Opéra Mort en 2010 au centre Olympe de Gouges. Ma première fois à Sonic Protest, première fois que la musique électronique / noise / improvisée (rayez la mention inutile) m’apparaît dans toute sa sauvagerie, fondamentalement excitante et punk. Et eux, au milieu du public, entre timidité et générosité, un moment intense et un sentiment de communion entre artistes et public.

  • Plastobéton en 2013 au Cirque Électrique. Trio défunt de La Grande Triple Alliance, ressurgit des morts pour un concert incroyable et qui là encore correspond à une épiphanie : la scène française contemporaine n’a rien à envier à personne. Excentricité et sincérité des textes, performance aussi bancale qu’expéditive… L’impression de vivre un moment important qui me fait comprendre que la nostalgie est parfois une paralysie.

  • Cheveu à l’Eglise Saint-Merry en 2013. Je garde le sentiment d’une atmosphère électrique, une forme de folie s’emparant des premiers rangs lorsque Cheveu commence à jouer, des instruments qui tombent… Transpirer, bouger, vivre. Là encore une communion dans un lieu qui en a vu beaucoup mais rarement sous cette forme.

  • Brigitte Fontaine en 2014 a l’Eglise Saint-Merry. Quelle chance de voir cette légende dans un lieu aussi beau. La fin de son concert, rejoint par Areski, leurs deux voix se mêlant comme en 1972, lui un tambour dans la main… Que dire ? La beauté a l’état pur. Et la petite pause pipi de Fontaine, entre deux morceaux, sous une ombrelle noire portée par Baptiste Joxe… Naturel et élégant.

  • Merzbow en 2015 a l’Eglise Saint-Merry. Pour la tête ahurie des passants dans la rue lorsque Merzbow menaçait d’exploser les vitraux. Pour l’avoir raccompagné à l’hôtel, en silence, incapable de prononcer deux mots. Qui croira dans 20 ans qu’il était possible de faire ça en plein cœur de Paris ?

  • Pierre & Bastien en 2016 au Chinois. Dernier jour du festival, un des groupes les plus emblématiques de l’underground parisien, une affiche d’exception avec No Balls. La joie d’être ensemble à partager cette soirée.

  • Rashad Becker en 2017 aux Instants Chavirés. Un artiste rare, une performance sans aucun sample, tout joué en direct, sans tricherie ni filet de sécurité. D’une maîtrise rare. Et un homme a l’humour pince sans rires ce qui n’enlève rien.

  • Meryll Ampe au Théâtre de l’Echangeur en 2020. Un moment de bascule se faisait sentir et nous en comprendrions les conséquences bien plus tard. Entre frustration (putain mais Lee Perry a Saint Merry… j’en rêve encore) et plaisir clandestin d’être ensemble à l’aube d’un enfermement collectif. Une performance unique qui capturait les tensions de cet instant suspendu.

  • Brainbombs au Théâtre de l’Echangeur en 2024. Parce que leur concert de 2008 devint un mythe dans mon esprit à force d’entendre Franq et Arnaud en parler. Et qu’un mythe se brise facilement… ou bien vit à la hauteur de sa réputation. La seconde proposition l’emporte et j’ai eu l’impression que je ne pouvais pas dire adieu à un festival qui a tant compté pour moi d’une meilleure manière. A mon tour je pourrais propager la légende. Espérons qu’ils seront nombreux à vouloir l’écouter.

Et pour finir croiser Sophie Massa en 2013 dans le sous sol de Naxos et que bientôt 12 ans plus tard elle partage toujours ma vie…