

Afin d’exacerber la porosité évidente entre les pratiques, le choix a été fait d’inviter les concerts dans le lieu d’exposition et les expositions dans les lieux de concerts. Le travail d’Yves-Marie Mahé, cinéaste expérimental et musicien féru de recyclage nous a semblé tout à fait pertinent pour faire ce lien et nous avons choisi de lui confier une sorte de fil rouge : tout au long du festival, dans tous les lieux que celui-ci visite, ce cinéaste DIY et minimaliste tissera des liens entre les di- verses propositions de Sonic Protest à travers des projections de ses travaux sous de nombreux formats, du XXL au cinéma, au très petit sur mini-moniteurs.
Minimaliste (travaillant sur une source unique en tentant d’exploiter toutes ses possibilités), Yves-Marie Mahé utilise fré- quemment des techniques d’animation et son cinéma est empreint de l’héritage du lettrisme, du situationnisme, de l’esprit “Hara Kiri” et du punk. Réutilisant principalement des extraits de films réalisés par d’autres, son cinéma s’inscrit dans le cou- rant du found footage et du détournement : ça RE:CYCLE ! Efficace, rapide et agressif, son travail, tout en s’affirmant critique, tente de trouver un équivalent visuel et cinétique au punk hardcore. Ses films se regardent en plissant les yeux, en fronçant les sourcils ou en souriant.
Le fil rouge est si large qu’il en devient tapis, Bernard : ses films sont montrés pendant tout le Festival Sonic Protest à Paris, Mon- treuil, Angers, Bordeaux et Marseille (où une soirée complète lui est même consacrée).