NICOLAS COLLINS : Tudor's walk

Sonic Protest 2016 - La Générale - Paris - 03/04/16-15/04/16

Silicon Luthier
Nicolas Collins occupe une position centrale dans l’histoire de la musique expérimentale nord-américaine contemporaine, de la culture DIY et de l’utilisation de l’électronique dans la création sonore.
Né en 1954 à New York, il fit partie des premières générations d’étudiants de John Cage et d’Alvin Lucier et a passé pas mal d’heures au CBGB. Travaillant autour de ce qu’il nomme “the acoustic splendor of controlled chaos”, son oeuvre musicale a évolué, passant d’expérimentations du feedback à une attention de plus en plus forte pour le détournement des matériaux techniques qu’il transforme en instruments partiellement autonomes, exigeant des musiciens une forme d’attention per- manente aux imprévus sonores et une col- laboration modeste avec les machines.
Enseignant au Sound Department de l’Art Institute of Chicago, éditeur en chef du passionnant Leonardo Music Journal, an- cien directeur du Steim d’Amsterdam, ex- curateur spécialisé art sonore à PS1, ex-étu- diant d’Alvin Lucier, collaborateur régulier de Christian Marclay, John Zorn, Tom Cora ou de Zeitkratzer, Nicolas Collins produit des installations, des compositions et des performances depuis plus de quarante ans, autant d’oeuvres où l’expérimentation technologique est toujours attachée à des enjeux sonores et sociaux. Son livre, “Handmade Electronic Music”, fait office de bible pour tous les bidouilleurs, recycleurs et hackers de la planète. Les éditions Van Dieren (collection Rip on/off ) viennent de publier un ouvrage en français “Micro analyses” dans lequel Collins développe ses idées sur la musique de John Cage, sur sa vision de l’expérimentation ainsi que sur l’art du détournement et du do-it-yourself.
Pendant RE:CYCLE, il propose au public “Tudor’s Walk”, une ré-interprétation de “Rainforest” du compositeur américain Da- vid Tudor, (précurseur des musiques électroniques et directeur musical de la Merce Cunningham Dance Company après John Cage). À l’aide de transducteurs branchés sur des smartphones, les utilisateurs mettent en vibrations des éléments du mo- bilier urbain et créent une réalité sonore augmentée dans la rue. L’art sonore pour tous... et partout puisque les dispositifs seront prêtés aux visiteurs de l’exposition aussi bien qu’aux spectateurs des soirées de concerts et c’est la rue qui devient un terrain de jeu et d’écoute. Pendant Sonic Protest, Nicolas Collins animera égale- ment un atelier avec les étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy et proposera deux performances : une restitution de cet atelier et un concert en solo rendant compte des diverses approches sonores visitées par son œuvre. Il présentera également son travail lors d’une conférence... en français !