

Formée à Lille en 1999 par un collectif d’abord informel de musiciens improvisateurs désireux d’expérimenter une forme originale de pratique collective, La Pieuvre fédère une scène complexe et recèle de nombreux groupes aux effectifs plus réduits s’adonnant autant au rock et au jazz (dans leurs ramifications les plus free) qu’à la musique contemporaine, électronique ou sur bandes...
Cette grande formation s’inscrit non seulement dans le champ de la musique improvisée européenne en orchestre mais aussi dans la mouvance de la conduction telle qu’a pu, par exemple,la formaliser Butch Morris (ce dernier ne constituant cependant, dans le cas présent, ni une référence ni un point de départ connu ou revendiqué) ; la musique s’y façonne dans l’instant, se révélant au fur et à mesure qu’elle se fait, sculptée par les signes qu’Olivier Benoit (au demeurant guitariste que l’on écoutera en solo le lendemain dans Sonic Protest ) adresse à l’organisme vivant qui lui fait face. Gestes, regards, mouvements et mimiques : tous les moyens corporels concourent à cette transmission. Le choix de l’interactivité – qui implique précision et latitude, interprétation et altération, allers et retours d’informations – se voit doublé d’une autonomie et d’une responsabilité individuelles qui confèrent toute sa richesse à l’univers déployé et qui font de cet ensemble singulier un espace de recherche bien davantage qu’un orchestre d’improvisation dirigée. Olivier Benoit, le “cerveau” de ce poulpe multisonore, a développé avec chaque membre un art de communiquer original, permettant de faire corps avec eux pour une“inter-(ré)activité” des plus précises entre le geste et le son, entre le son et le geste : une forme se crée, inventée à tous ses degrés, et où convergent les mouvements à l’énergie ductile qui la réalisent : œuvre ouverte, continueet musique unique.
A Sonic Protest, ils joueront ELLIPSE, une pièce créée en 2007.