Big is beautiful ! Comme à son habitude, le festival Sonic Protest prend de l'ampleur, de l'amplitude et du volume… y'a pas que sur scène que c'est trop fort !
Au programme : 8 soirées plutôt concerts et performances + RE:CYCLE (une exposition collective orientée art sonore) + 3 restitutions d'ateliers menés au plus ou moins long cours à l'année par l'association du même nom + 4 conférences pour adultes consentants et jeune public pour entendre certains artistes invités parler de leurs vies et de leurs œuvres + 1 fil rouge pour en prendre aussi plein les yeux = 14 jours pour rendre compte de la vitalité de la création sonore contemporaine et passer du bon temps en son aimable compagnie.
Un pied dans l'histoire vivante de la musique avec la présence à la même manifestation de Martin Rev (la moitié de Suicide !!), d'AMM (ils seront là tous les trois !!), de Jaki Liebezeit (Can !!) & Hans Joachim Irmler (Faust !!), de Nicolas Collins (Handmade Electronic Music !!) ou d'Ellen Fullman (Long String Instrument !!), le festival regarde loin et de travers et ose lancer des invitations tous azimuts ! Cette édition sera ainsi l'occasion d'accueillir des artistes aussi divers que Konono n°1, William Basinski, PKN (soit les demi-finalistes punks, finlandais et handicapés mentaux du dernier concours Eurovision®), People Like Us, Circle, Warum Joe, Adam Bohman, Somaticae, Quintron & Miss Pussycat, Sister Iodine, Aluk Todolo, Lucas Abela… entre autres… sans oublier quelques surprises presque toutes neuves (Maria Bertel & Mariachi, Sourdure, Rien Virgule, Sida, Anton Mobin) ou bien préservées (Api Uiz, Denseland, ProjectSinge, N.M.O., Yves-Marie Mahé).
Sans jamais séparer fond et forme, Sonic Protest visite ou revisite cette année des lieux vivants, à l’histoire forte, de l’église Saint-Merry à la Générale, en passant par l'Archipel, la Parole Errante ou encore le cinéma Le Grand Action, Petit Bain et le Centre Barbara Fleury Goutte d'Or.
Le festival Sonic Protest, enfin, c'est aussi la série Sonic Protest Ailleurs, soit une flopée de soirées où se croisent les propositions du festival et celles de nos complices locaux.
En deux mots comme en mille, festival Sonic Protest 2016 : Fat & Furious !
Vendredi 01 avril
LILLE - LA MALTERIE
ADAM BOHMAN
DAVID BAUSSERON ET LES COMÉDIENS DE L'OISEAU MOUCHE
Plus d'infos -------------------------------------- Mardi 05 avril
BORDEAUX - LA MANUFACTURE ATLANTIQUE En partenariat avec les Potagers Natures
MARIA BERTEL & MARIACHI
RIEN VIRGULE
YVES-MARIE MAHÉ
Projection de films
Plus d'infos -------------------------------------- Mercredi 06 avril
NANTES - BLOCKHAUS DY10
MARIA BERTEL & MARIACHI
SHINJUKU NI CHOME
Plus d'infos -------------------------------------- Mercredi 06 avril
POITIERS - LE LIEU MULTIPLE
NICOLAS COLLINS
Plus d'infos -------------------------------------- Jeudi 07 avril
ANGERS - BAR LE QUAI En partenariat avec F-O-R-M-E-S
MARIA BERTEL & MARIACHI
YVES-MARIE MAHÉ
Projection de films
Plus d'infos -------------------------------------- Vendredi 08 avril
LILLE - LA MALTERIE
NICOLAS COLLINS
MUZZIX Plus d'infos -------------------------------------- Vendredi 08 avril
BELFORT - IMPETUS FESTIVAL
BIBLIOTHÈQUE DE BELFORT
MARIA BERTEL & MARIACHI Plus d'infos -------------------------------------- Lundi 11 avril
TOULOUSE
AMANITA MUSCARIA
MARIA BERTEL & MARIACHI
VORTEX (Cirotteau & Boubaker)
Christophe Siebert aka Konsstrukt Plus d'infos -------------------------------------- Mardi 12 avril
MARSEILLE - VIDEODROME 2
FOCUS SUR YVES-MARIE MAHÉ Plus d'infos -------------------------------------- Mardi 12 avril
ÉMISSION EN DIRECT DE 22H-23H
SUR RADIO GALÈRE, 88.4FM
DATAPLEX RESISTANCES
MUSICALES Plus d'infos -------------------------------------- Mercredi 13 avril
MARSEILLE - L'EMBOBINEUSE En partenariat avec le GMEM/ GRIM
MARIA BERTEL & MARIACHI
CRAB RANGOON INSTITUTE OF
MANTRA HEALTH
FA CÉSARIO Plus d'infos -------------------------------------- Jeudi 14 avril
BRUXELLES - ATELIERS CLAUS
PKN
(PERTTI KURIKAN NIMIPÄIVÄT) Plus d'infos -------------------------------------- Vendredi 15 avril
DIJON - LE CONSORTIUM En partenariat avec WHY NOTE
HANS JOACHIM IRMLER
& JAKI LIEBEZEIT Plus d'infos --------------------------------------
Nouveau projet venu des bords de la Dordogne et auteur d’un impressionnant premier album, Rien Virgule tient autant de la musique sacrée du coin du bois que de l’électroacoustique profane de proximité.
Aux côtés d’Anne Careil, illustratrice et chanteuse aux accents (italiens) possédés, on retrouve trois musiciens bien connus des services de sécurité de la scène exérimentale du sud de la Loire : Manuel Duval (France Sauvage, Pousse Mousse, 1000 Bouches), Jean-Marc Reilla (1000 Bouches, Ensemble U ) et Mathias Pontévia, percussionniste rapide déjà entendu avec Michel Doneda, Didier Lasserre ou Yan Saboya.
Rien Virgule se joue des genres et ose la charade sonore : mon premier est une voix colorée rituelle et inquiétante, mon second une électronique bricolée et singulière, mon troisième une batterie frappée à coup de micros (plus close-miking que ça, tu meurs !) et mon tout n’est rien de moins qu'une des propositions (musicales) les plus excitantes du moment... et on l’espère pour longtemps !
À l’image d’une scène fourmillante où les micros-labels s’unissent (huit quand même, dans le cas présent !) pour déjouer le grand capital et rendre les choses faisables sans plan d’épargne (merci à eux, au passage), la fraîcheur de Rien Virgule ré-affirme qu'un autre monde est toujours audible !
C’est la première fois qu'ils jouent à Paris, si près de la Seine.
Derrière l’acronyme N.M.O. se dissimule l’association fructueuse de Morten J. Olsen percussionniste prolifique et entendu dans des projets aussi divers que MoHa!, Ultralyd, Subroutine (avec Robin Hayward ou Splitter Orchestra) et Rubén Patiño, alias Pato, docteur ès computer music, option Supercollider, qui navigue en père peinard entre musique électronique et art contemporain.
Depuis 2014, ils proposent une forme artistique ouverte et hybride qui tient autant de la performance que du concert et cherchent à rompre avec le rapport actif/passif qu'implique le spectacle dans son acception conventionnelle.
Propositions inventives de spatialisation sonore, cérémonie d’aérobic assistée par ordinateur, répétition outrancière de motifs hérités des dancefloors et de la culture club, hommage récurrent à la caisse claire de fanfare militaire pour son côté dansant et au test tone tout plat : N.M.O., c’est un peu tout ça, regroupé sous une bannière imaginaire et volontairement cryptico-indéchiffrable qui relierait Fluxus à la techno.
Si, par N.M.O., on entend aussi bien "Navnlaust Mønster Opptog" que "New Mexico Occult" ou "Naturkunde Museum Ostkreuz" c’est qu'ils disent beaucoup et c’est toujours sous cet acronyme que ces Berlinois produisent une discographie remarquée sur des labels remarquables (Drid Machine, Anòmia, The Death of Rave / Boomkat, Where To Now ?, Diagonal Records) et des prestations scéniques mémorables.
C’est leur première date dans le 8e arrondissement de Paris !
DIMANCHE 3 AVRIL | 18h00 LA GÉNÉRALE 14, avenue Parmentier, 75011 Paris Plan d'accès Entrée libre
VERNISSAGE DE L'EXPOSITION RE:CYCLE
ET PERFORMANCES DE :
ANTON MOBIN & ADAM BOHMAN [FR/ UK] Restitution de l'atelier "Boîtes à Son"
avec les élèves de 4è SEGPA du collège Aimé Césaire
FRANCE/ ROYAUME-UNI
Monsieur Bricolage
Improvisateur et producteur radio spécialisé dans l’art sonore, Anton Mobin est un adepte de la lutherie expérimentale bien connu de l’underground parisien.
Depuis une dizaine d’années il construit ses propres instruments, qu'il nomme "Chambres Préparées" ou "Boîtes à Son" et dans lesquelles est agencée une multitude d’objets amplifiés par des microphones.
Au fil du temps et des rencontres, il a développé ses propres techniques de jeu dans une approche intuitive, personnelle et dynamique.
À travers ces constructions, qui tiennent littéralement de la sculpture sonore, il attribue de nouvelles significations et fonctions à différents objets du quotidien. Maniaque assumé du format cassette, cet improvisateur chevronné et fanatique de field recording est toujours à la recherche de nouvelles articulations entre objets, manipulations et interaction avec son propre corps.
Un craquement, un pli, une lueur, une secousse dans le plan sonore, une convexité de surface... Musique de percussion improvisée, manipulations concrètes en direct, bruit minimaliste, mouvement, pic d’intensité et fragments de sons autonomes libérés de leur contexte sont autant d’éléments qui caractérisent le travail d’Anton Mobin. Il se produit en solo et a pu croiser sur scène ou sur disque des musiciens aussi divers que Jello Biafra, Martial Bécheau, Sonny Simmons, Bryan Lewis Saunders, Alexei Borisov, Chris Galarreta, Benedict Taylor, Naoto Yamagishi, Daniel Thompson, Ayato ou encore Will Connor...
Sous l’impulsion de Sonic Protest, Anton Mobin a démarré un nouveau projet d’atelier au collège Aimé Césaire (Paris XVIIIè) où il propose aux élèves d’une quatrième SEGPA (Section d’enseignement général et professionnel adapté) de construire leurs "Boîtes à Son" afin de créer leur propre univers sonore.
Le terreau de l’œuvre d’Adam Bohmam, c’est Mr. Smith, l’Anglais moyen dont il observe la vie quotidienne et dont il s’inspire pour en rendre une version toute … triturée.
Préférant l’acoustique à l'électronique mais ne boudant pas l’amplification, ses instruments de prédilection sont ceux que le hasard met sur sa route : instruments de cuisine, verre, boites de beans, ressorts et scie peuvent lui suffire pour créer une performance inouïe, faites de micro-sons, de grincements et d’éclats.
Ses performances se basent également sur des collages de textes issus de la publicité, de journaux TV et autres sources non-artistiques, créant ainsi des pièces où Beckett, les dadaïstes et William Burroughs viennent prendre le thé.
Depuis le milieu des années 80, il performe solo ou avec le groupe d’improvisation Morphogenesis (fondé par l’ex-Scratch Orchestra Roger Sutherland et dans lequel on retrouve entre autres Michael Prime et Clive Graham), mais également en duo avec son frère Jonathan (The Bohman Brothers) ou avec tout un tas d’improvisateurs du monde entier, de Lol Coxhill à Joseph Hammer en passant par Andrew Sharpley (Stock, Hausen & Walkman, A&E) en compagnie duquel il avait donné une performance inoubliable (Sonic Protest 2007) où ils avaient, entre autres, fait disparaître la France de la carte de l’Europe, le jour même de l’élection de Nicolas Sarkotruc.
Dans un premier temps il dirigera l’orchestre "Boîtes à Son" d’Anton Mobin et les élèves SEGPA du collège Aimé Césaire. En seconde partie de soirée, il proposera avec Anton Mobin un duo inédit, entre bataille de ressorts, cut-ups loufoques et apparitions d’objets amplifiés non-identifiés.
DU DIMANCHE 3 AU 15 AVRIL
15h00 - 19h00 LA GÉNÉRALE 14, avenue Parmentier, 75011 Paris Plan d'accès Entrée libre
RE:CYCLE Une exposition collective orientée art sonore où il sera question de recyclage, de found footage, de cinéma punk, de ready-made, de DIY (et pas seulement dans sa dimension bricolage-pour-tous), de ré-interprétation de l’environnement urbain, d’hypothétique ré-enchantement du quotidien par le geste ludique ou de ré-approbation, à l’échelle du singulier, des objets produits par la consommation de masse.
LUCAS ABELA : Temple of Din [AUS]
AUSTRALIE
Same player shoots again
Lucas "Granpa" Abela est un artiste sonore et visuel, qui joue avec les codes de la pop culture et de la performance-avec-beaucoup-de-bruit-dedans.
Figure importante de la scène expérimentale-noise internationale pour ses performances explosives sous le nom de Justice Yeldham, (le type avec la bouche collée à une plaque de verre amplifiée et qui finit les performances la gueule en sang, ça vous rappelle quelque chose ??), il conçoit également des installations sonores hors-normes telles que "Vinyl Rally" (montré pour la seule et unique fois en France lors du festival Sonic Protest 2012) ou le tout récent "Temple de Din" qui sera à
n’en pas douter un des points forts de l’exposition RE:CYCLE.
Bercé par les salles d’arcade lors de son adolescence en Australie, Lucas Abela leur rend un hommage décalé avec la construction de plusieurs flippers et bornes d’arcades, dont il tord la forme et l’intention pour les transformer en machines musicales infernales.
Pinball Pianola combinant un piano droit et un jeu de flipper avec vingt palmes, déclenchées par un clavier qui tire des balles contre les cordes exposées de la table d’harmonie. Balls for Cthulhu un flipper en pentagramme multi-joueur formé par dix guitares tournées vers l’intérieur, de sorte que les cordes
prennent de plein fouet les balles lancées par les joueurs postés à chacune des branches de l’étoile.
Flip-off, baby-foot hybride qui crée des cassures au coeur de la musique en déclenchant des échantillons composées par Toecutter. Pitchfork qui a vingt diapasons intégrés tout au long de l’aire de jeu. Accord Arena !
Nicolas Collins occupe une position centrale dans l’histoire de la musique expérimentale nord-américaine contemporaine, de la culture DIY et de l’utilisation de l’électronique dans la création sonore.
Né en 1954 à New York, il fit partie des premières générations d’étudiants de John Cage et d’Alvin Lucier et a passé pas mal d’heures au CBGB.
Travaillant autour de ce qu'il nomme "the acoustic splendor of controlled chaos", son oeuvre musicale a évolué, passant d’expérimentations du feedback à une attention de plus en plus forte pour le détournement des matériaux techniques qu'il transforme en instruments partiellement autonomes, exigeant des musiciens une forme d’attention permanente aux imprévus sonores et une collaboration modeste avec les machines.
Enseignant au Sound Department de l’Art Institute of Chicago, éditeur en chef du passionnant Leonardo Music Journal, ancien directeur du Steim d’Amsterdam, ex-curateur spécialisé art sonore à PS1, ex-étudiant d’Alvin Lucier, collaborateur régulier de Christian Marclay, John Zorn, Tom Cora ou de Zeitkratzer, Nicolas Collins produit des installations, des compositions et des performances depuis plus de quarante ans, autant d’oeuvres où l’expérimentation technologique est toujours attachée à des enjeux sonores et sociaux.
Son livre, "Handmade Electronic Music", fait office de bible pour tous les bidouilleurs, recycleurs et hackers de la planète. Les éditions Van Dieren (collection Rip on/off) viennent de publier un ouvrage en français "Micro analyses" dans lequel Collins développe ses idées sur la musique de John Cage, sur sa vision de l’expérimentation ainsi que sur l’art du détournement et du do-it-yourself.
Pendant RE:CYCLE, il propose au public "Tudor’s Walk", une ré-interprétation de 'Rainforest” du compositeur américain David Tudor (précurseur des musiques électroniques et directeur musical de la Merce Cunningham Dance Company après John Cage). À l’aide de transducteurs branchés sur des smartphones, les utilisateurs mettent en vibrations des éléments du mobilier urbain et créent une réalité sonore augmentée dans la rue. L’art sonore pour tous... et partout puisque les dispositifs seront prêtés aux visiteurs de l’exposition aussi bien qu'aux spectateurs des soirées de concerts. La rue devient un terrain de jeu et d’écoute.
Pendant Sonic Protest, Nicolas Collins animera également un atelier avec les étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy et proposera deux performances : une restitution de cet atelier et un concert en solo rendant compte des diverses approches sonores visitées par son œuvre. Il présentera également son travail lors d’une conférence... en français !
Dans le cadre de Sonic Protest Ailleurs, il joue à Poitiers (Lieu Multiple) et à Lille (La Malterie où il anime également un workshop avec le collectif Muzzix).
Membre du collectif Projectsinge et instigateur du projet LogforData, Jean-François Blanquet est artiste du détournement technologique qui cherche dans l’empilement, la permutation, le débordement et le brouillage, une réécriture des médias qui sont à notre disposition.
Il propose une relecture du quotidien en donnant à voir ou à entendre autrement les flux (radio, Wi-Fi, etc) et objets technologiques plus ou moins surannés qui nous entourent.
Dans le cadre de RE:CYCLE, il présente LogforData, où l’utilisation de cassettes audio sur lesquelles des textes encodés en données numériques sont enregistrés sous forme sonore, puis décodées à l’aide d’ordinateurs en analysant leur signal.
Le décodage est le résultat à la fois de l'impartialité mathématique du monde numérique mais aussi de l'instabilité des systèmes analogiques. Des erreurs se produisent, le texte mute.
À la fois installation et objet publié à 256 exemplaires par le label ArtKillArt, LogforData prend aussi la forme d’une performance live jouée avec Jérôme Blanquet sous le doux nom de DEMOLECULARISATION : LogforData_Connection.
C’est cette pluralité des formes et des formats qui sera montrée durant RE:CYCLE et la performance de ce projet sera jouée comme point final de l’exposition et du festival.
Sa démarche artistique de recyclage est autant musicale que visuelle: activiste de l’underground anglais dans les années 80, Bohman met vite à disposition ses talents pour la création de flyers et de jaquettes de cassettes. Il est ainsi l’auteur de tableaux/collages, auxquels divers lieux comme le café OTO à Londres ont consacré une exposition.
Son travail de plasticien s’inscrit dans les interstices de sa vie salariée: employé dans un stock de fournitures de bureau, Adam Bohman profite de ses pauses-déjeuner pour utiliser et détourner ce matériel.
Pour l’exposition RE:CYCLE, il présentera une quarantaine de ses collages.
Les collages d’Adam Bohman seront exposés du 3 au 15 avril à la Générale (de 15h00 à 19h00) en accès libre. On pourra même en acheter, si affinités.
Afin d’exacerber la porosité évidente entre les pratiques, le choix a été fait d’inviter les concerts dans le lieu d’exposition et les expositions dans les lieux de concerts.
Le travail d’Yves-Marie Mahé, cinéaste expérimental et musicien féru de recyclage nous a semblé tout à fait pertinent pour faire ce lien et nous avons choisi de lui confier une sorte de fil rouge : tout au long du festival, dans tous les lieux que celui-ci visite, ce cinéaste DIY et minimaliste tissera des liens entre les diverses propositions de Sonic Protest à travers des projections de ses travaux sous de nombreux formats, du XXL au cinéma, au très petit sur mini-moniteurs.
Minimaliste (travaillant sur une source unique en tentant d’exploiter toutes ses possibilités), Yves-Marie Mahé utilise fréquemment des techniques d’animation et son cinéma est empreint de l'héritage du lettrisme, du situationnisme, de l’esprit "Hara-Kiri" et du punk. Réutilisant principalement des extraits de films réalisés par d’autres, son cinéma s’inscrit dans le courant du found footage et du détournement : ça RE:CYCLE !
Efficace, rapide et agressif, son travail, tout en s’affirmant critique, tente de trouver un équivalent visuel et cinétique au punk hardcore. Ses films se regardent en plissant les yeux, en fronçant les sourcils ou en souriant.
Le fil rouge est si large qu'il en devient tapis, Bernard : ses films sont montrés pendant tout le festival Sonic Protest à Paris, Montreuil, Angers, Bordeaux et Marseille (où une soirée complète lui est même consacrée).
Ellen Fullman est une légende des musiques minimalistes américaines.
Originaire de Memphis (la légende veut qu'Elvis se soit penché sur son berceau... beau départ pour une carrière musicale) et bercée au son du Delta Blues, c'est au contact du compositeur Arnold Dreyblatt (lui-même élève de La Monte Young, Pauline Oliveros...) qu'elle découvre la scène expérimentale new-yorkaise.
Influencée par les inventions d’Harry Partch, elle est illuminée par l'installation "Music on a long thin wire" d'Alvin Lucier, et crée par accident (!) en 1980 le Long String Instrument.
Il s'agit d’un set de cordes pouvant mesurer jusqu'à 30 mètres, accordées en intonation juste, qu'elle met en vibration les mains couvertes de gants en colophane, afin de créer des sonorités inouïes et des vibrations puissantes évoquant les bourdons
de la musique classique indienne aussi bien que les expérience du Theatre of Eternal Music. C’est tout l’espace environnant qui se met à vibrer !
Cet instrument unique, Ellen Fullman ne cesse de le développer depuis plus de trente cinq ans. Parmi ses nombreux collaborateurs, on peut citer d'autres amoureux du son et du deep listening : Keiji Haino, Pauline Oliveros ou le Kronos Quartet.
À noter également, le superbe disque "Ort" (Choose Records - 2014) enregistré avec Konrad Sprenger et probablement l'un des plus beaux disques de musique folk expérimentale, mélangeant des chansons influencées par le blues de son enfance et des arrangements magnifiques du Long String Instrument. C’est dit.
Chaque performance live d’Ellen Fullman est unique, car directement liée au lieu dans lequel elle se déroule et à ses caractéristiques sonores et spatiales. L'expérience du Long String Instrument plonge l'auditeur à l'intérieur d'un immense piano dont les cordes se mettraient à chanter leur propre chant, tout en résonance enivrante.
La fascination pour cette figure du minimalisme ne cesse de se propager ces derniers temps : son premier album "The Long String Instrument" enregistré en 1985 lors d’une résidence à Het Apollo Huis (Eindhoven, Pays-Bas) vient tout juste d’être réédité par le label de San Francisco Superior Viaduct à qui on doit entre autres les rééditions vinyles des premiers Brigitte Fontaine et les Hardcore Devo: comme quoi, il n'y a pas qu'à Sonic Protest que le grand écart se pratique avec plaisir !
Tant sur scène qu'avec un impeccable disque (La Virée publié par Tanzprocesz et Astruc), Sourdure s’est fait remarquer comme l’une des propositions musicales les plus originales de 2015.
Liant avec une grande liberté l'électronique abstraite et les ritournelles en occitan et en vieux françois, Ernest Bergez bricole avec violon, ordinateur et oscillateurs un objet hypnotique tout à fait surprenant.
Puisant dans le passé et lorgnant vers demain, la musique de Sourdure se joue des temporalités autant que des étiquettes et s’ancre tout à fait dans le présent.
Aussi à l’aise sur les bords du dancefloor que dans la relecture en oblique des musiques folkloriques, Ernest Bergez représente à lui tout seul 100% de Sourdure, 50% de Kaumwald (duo proto techno un peu crado qu'on retrouve sur des labels comme Opal Tapes, In Paradisum) et 14% de la dernière version de Tanz Mein Herz (projet porté par Jérémie Sauvage et Mathieu Tilly, respectivement bassiste et batteur de France aux côtés de Yann Gourdon publié par Standard In-Fi).
Il a collaboré aussi bien avec Jacques Puech qu'Èlg, deux habitués de Sonic Protest avec qui on a déjà passé de forts beaux moments … comme celui qui s’annonce cette fois-ci.
Premier concert à Paris pour cette figure importante de la musique minimaliste américaine actuelle.
Fortement marqué par l'univers de Steve Reich et le Music for Airport de Brian Eno, William Basinski commence à la fin des années 70 un travail de paysages sonores en expérimentant dans un premier temps sur des lecteurs cassettes bon marché puis sur des magnétophones à bandes.
À la fin des années 80 il fonde le mythique club Arcadia, haut lieu de performances en tout genre ou se croisent entre autres Diamanda Galás et Antony Hegarty (pré-Antony and the Johnsons) dans un Brooklyn arty et aventureux.
À cette époque le compositeur, pourtant très prolifique, a du mal à faire éditer sa musique minimaliste. Ses compositions intègrent aussi bien les sons de son environnement direct que les défaillances technologiques de ses propres machines. Il parvient ainsi à créer une musique en suspension, sorte de bande originale évanescente d'un rêve en perpétuelle dégradation.
À la fin des années 90 il crée son propre label (2062) en compagnie de l’artiste James Elaine et publie enfin son premier disque, Shortwave Music enregistré en 1983 dans lequel on retrouve sa fascination pour le détournement sonore (certains sons utilisés sont ralentis à l'extrême au point qu'on ne puisse en identifier la source), les boucles infinies et une certaine approche lo-fi de la musique expérimentale.
Suivra rapidement Watermusic (Raster-Noton), basé sur la manipulation en boucle d’un synthétiseur analogique.
Son parcours musical prend une tournure radicale suite à un événement hautement symbolique et mystique. Le 11 septembre 2001, alors qu'il observe depuis le toit de son immeuble l'immense nuage de fumée envahissant peu à peu Brooklyn suite à l'effondrement des Twin Towers, il déclenche son magnéto sur lequel il a enregistré le transfert numérique de vieilles bandes en décomposition. Cette expérience hors du commun marque un tournant décisif dans sa carrière et donnera naissance à l'édition l'année suivante de son concept-album épique "The Desintegration Loops" sorti en coffret 4 disques et considéré par beaucoup comme un classique de la seconde vague minimaliste américaine.
Dès lors, Basinski ne cesse de créer sa musique mélancolique et fascinante à partir de matériaux enregistrés à différentes époques. À la recherche des fantômes sonores qui hantent ses compositions magnétiques et réduisant la répétition au silence, il invente un nouvel espace sonore fantasmagorique qui a su séduire un public en dehors de l’establishment des musiques expé, aux marges de la pop music.
AMM [UK] (John Tilbury / Eddie Prévost / Keith Rowe)
ROYAUME-UNI
No Sound is innocent
En 2016, AMM célèbre cinquante et une années d'activisme musical radical et reste à ce jour un des groupe les plus influents de la musique expérimentale toutes catégories confondues.
Fondé en 1965 à la suite d’ateliers d’expérimentations sonores qui se déroulaient au Royal College of Art à Londres, AMM reste souple quant à sa composition et Eddie Prévost en est le seul membre permanent dans une histoire de groupe de plus de cinquante ans où se mêlent décès et fâcheries … puis réconciliations !
Eddie Prévost est percussionniste, chercheur de sons, penseur/activiste de la scène londonienne de l’improvisation, il est à l’origine du label Matchless Recordings, engagé dans la transmission avec les ateliers d’improvisation The London workshop. Il a formé l’ossature d’AMM avec Keith Rowe, guitariste ultra influent considéré comme l’inspirateur des pratiques d’improvisation libre électro-acoustiques, célébré par le label Erstwhile et collaborateur de musiciens tels qu'Otomo Yohishide, Julien Otavi, Christian Fennesz ou Peter Rehberg), Cornelius Cardew (compositeur séminal, fondateur du Scratch Orchestra, membre d’AMM après que le groupe ait interprété Treatise et ce jusqu'à sa mort), Lou Gare (membre fondateur puis dissident) et, plus tard, John Tilbury (pianiste spécialiste de Morton Feldman, proche de Cardew, et forcément membre du Scratch Orchestra).
Autour d’AMM et de leur son unique, ils ont travaillé avec Christian Wolff, Evan Parker, Rohan de Saram, David Jackman (Organum), Sachiko M ou John Butcher.
En prenant en compte la dimension d’espace dans la musique, en plasticien du son, c’est AMM qui pose l’idée d’une musique faite d’un jeu sur les rapports d’horizontalité et de verticalité, et c’est Keith Rowe qui, avant les autres, pose sa guitare à plat sur une table en un geste hérité du piano préparé de John Cage et de la technique de peinture de Jackson Pollock.
Cette liberté d’approche qu'offre cette guitare à plat et l’intrusion concrète, via la radio, du son du monde dans l’ambiance feutrée des salles de concerts sont autant d’éléments laissés en héritage aux musiques expérimentales; et ce dès 1966, année où Syd Barrett enregistre avec Pink Floyd dans les mêmes studios qu'AMM, expérience dont il déclarera qu'elle a été décisive dans son parcours vers plus d’abstraction. Paul McCartney a trouvé, lui, trop long le concert d’AMM auquel il a assisté et Ornette Coleman n’a pas vu la fin puisqu'il s’est fait vider de la salle pour bavardages.
The Dead C s’est baptisé The AMM of Punk Rock pour un titre. Oren Ambarchi réédite sur Black Truffle l'album culte AMMusic : presque tout le monde a un avis sur AMM et pas vous ? Il n’y aura que peu d’autres occasions de les voir et de les entendre désormais et leur présence à St-Merry dans le cadre du Festival Sonic Protest est un événement majeur, rare et historique à ne manquer sous aucun prétexte.
Joachim Montessuis est un radical de l'art-sonore. Son travail obsessionnel tourne autour de la confusion sensorielle qu'elle soit poétique ou bruitiste. Il transmet, révèle, catalyse, travaille l'intense et flirte avec la limite, le point de non-retour.
Medium-musicien, shaman-poète, ses performances, toujours en rupture, sont des expériences immersives, tendance brutaliste.
Défricheur-éditeur engagé dans le sonore sous tous ses pans, il anime Erratum depuis 1997, une entité qui tient autant du label que de la revue-CD d’audio art sur laquelle on a pu entendre des artistes majeurs comme Henri Chopin, Joël Hubaut, Ghédalia Tazartès, Etant Donnés, John Giornio, Lee Ranaldo ou Xavier Boussiron.
Il est également enseignant à l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et co-dirige le laboratoire PHONON (art orienté son) avec Philippe Lepeut.
Ses travaux ont été édités chez Erratum, évidemment, mais également chez Sub Rosa, Fragment Factory, Optical Sound ou Antifrost.
Lors de cette soirée à Sonic Protest à Saint-Merry, il présente une performance jusqu'alors inédite où il sera question de transe bruitiste, intense et spatialisée, de démesure, d’électronique, de guitare démultipliée et voix extrêmes pour une invasion résonante et progressive du lieu.
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Trio né à Grenoble, installé à Paris, Aluk Todolo est un des groupes les plus excitants de l’underground français.
À la lisière des genres, en dehors des modes, le groupe explore la notion de musique cosmique, s’inspirant du krautrock, du jazz, du black-metal, des musiques rituelles ou du psychédélisme 60's.
Le format rock traditionnel (guitare, basse, batterie) est mis au service d'une musique habitée, effaçant les notions de temps et d’espace, ouvrant la porte à l’infra-monde.
Comparable à un tremblement de terre ou une éruption volcanique, la musique organique d’Aluk Todolo porte en elle une force tellurique, qui passe du ciel à la terre. Musique transcendantale, illustrée par le nouvel album Voix, qui explore cette notion et pose cette question : qu'est-ce qu'une voix dans une musique instrumentale?
Chaque instrument trace des lignes invisibles, en résonance les unes avec les autres. Résolument hermétiques (les albums contiennent le minimum d’information) les lives d’Aluk Todolo leur ont assurés une renommée critique internationale.
Erratique et brutale, la musique du trio prend racine dans l’époque où elle est née (1991 … déjà 25 ans !), en plein tourment post-no wave et se permet aujourd’hui une orientation quasi free-music bosstée d’énergie bruitiste et incendiaire.
Le groupe est ouvertement engagé dans une recherche constante sur les limites du rock déstructuré et jusqu'au-boutiste. Éructations vocales, larsens fulgurants, martèlements saturés à outrance, traits tendus et affaissements de masse : quand la magie opère, la musique de Sister Iodine sonne comme un manifeste pro-confusion qui sonne aussi fragile … qu'invulnérable. L’énergie est autant frontale que totale et les sons acérés et puissants.
Bande-son d’un champ de ruine d’un conflit à venir où les circuits imprimés seront au centre des opérations, la musique de Sister Iodine est aussi extatique et malsaine qu'un culte vaudou, doudou.
De Büro à des collaborations avec Violent Onsen Geisha ou Bästard, en passant par π-Node ou Le Placard, les trois membres du groupe sont de toutes les aventures qui riment avec chaos, dB, Kwatt et Mbit/s !
Amédée De Murcia ne tient pas en place. Le jeune lyonnais a sorti en trois ans et rien que sur In Paradisum quatre beaux albums, en solo (Catharsis et plus récemment Électricité), avec ses camarades musiciens de l'électro-acoustique (Insiden) et sous son avatar post-dance Roger West.
Prolifique et généreux, il vient d’amorcer Omar Di Bongo avec C_C et Hugo Saugier, Spero Lucem avec Mondkopf et Saåad et participe activement à l’organisation d’Echos, superbe festival de plein-air qui se joue sur trois haut-parleurs/trompes de taille géante, dans les Hautes-Alpes.
En live, il peut aussi bien propulser le public dans un tunnel electro hardcore métallique que tirer des vibrations célestes d'un néon et d'un bout de polystyrène mais c’est pour présenter une nouvelle version d’un set techno ambiance tribale qu'il vient à Sonic Protest.
Aussi à l’aise pour s’adresser aux neurones qu'aux pieds, on compte sur lui pour tordre la piste de danse à coups de rythmiques déconstruites et d’infrabasses ÉNORMES et de fréquences subliminales.
Martin Rev hante les musiques electro tordues depuis le début des années 70. Avec ses premières compositions pour Suicide, il a créé un univers sonore révolutionnaire sur lequel s'est constitué tous les prémices des styles musicaux apparus dans la décennie suivante, du synth-punk à la musique industrielle, en passant par la techno-pop.
Ses rafales synthétiques ont marqué à jamais la création underground rebelle au même titre que les diatribes et autres provocations de son ami de toujours Alan Vega.
En 1980 sort son premier album solo (réédité l'année dernière chez l'excellent label Superior Viaduct). Un OVNI analogique non identifié au pays du post-punk électrique. Véritable pavé dans la mare, subversif et dansant. Instrumental et intrigant. Unique en son genre. Une version rock'n'roll des expériences Kraftwerkiennes tendance Industrial Records.
Au fil de sa discographie discrète (8 albums en 35 ans) il a réussi le pari de fabriquer un univers personnel complémentaire à celui de Suicide.
Chanteur, il alterne les tubes techno-punk, les ballades façon cyber-crooner et les berceuses sci-fi. Lyrisme synthétique meets electro-anticipation.
New-York 2016. Rocket U.S.A. L'énergie et la fantaisie sont intactes. Seules les lunettes ont changé. Elles clignotent de manière frénétique en accord avec la növo dance-music qui coule des hauts-parleurs.
Pour sa performance à Sonic Protest il sera accompagné par les visuels psycho-modernistes de Divine Enfant, avec qui il collabore depuis de nombreuses années maintenant.
Depuis près de vingt ans et hors des circuits commerciaux, les membres d’Api Uiz se démènent généreusement sur les scènes de chez eux (Bordeaux) et d’ailleurs, à travers toute l’Europe et jusqu'en Amérique.
Intensément énergique, agile dans les virages et rapide dans les lignes droites, la musique d’Api Uiz est complexe sans être compliquée et évite (quasiment) toujours l’accident … de justesse. Les structures sont complexes et polyrythmiques, les passages à l’énergie punk alternent avec les séquences de zouk déviant quasi rumba : la bonne humeur et la générosité sont au rendez-vous !
La publication de leur premier disque "Musique brute, non travaillée, mais structurée" a été le prétexte, en 2000 (pile), à la création des Potagers Natures, structure (ou presque) qui, pas tout à fait collectif, pas seulement label, occupe une place toute remarquable dans le paysage des choses vivantes.
Depuis les festivités célébrant les vingt ans d’existence du groupe en 2015, ils ont commencé à jouer à cinq en invitant deux musiciens très proches d’eux… pour aller plus loin !
Chez Sonic Protest, on est persuadé que Circle est un des groupes les plus importants de la scène indépendante finlandaise de ces 25 dernières années. Et on le dit. Et on le montre.
Mené de main de maître par le bassiste ultra actif Jussi Lehtisalo depuis 1991, Circle est un ovni en perpétuelle évolution qui a exploré à peu près tout ce que compte la musique indépendante des 40 dernières années: du krautrock en passant par le post-punk, le hardcore, le stoner et l’ambient. Récemment le groupe s'est même autoproclamé fer de lance de la nouvelle vague du heavy metal finlandais !!!
On croit rêver, mais Circle c’est Spinal Tap en vrai ! Le groupe s’amuse non sans ambiguïté avec les codes et les chapelles musicales. Mettant sa virtuosité, son érudition et son humour corrosif au service d’une musique unique transgenre et électrique.
Il y a un peu de tout ce qu'on aime dans Circle, même les choses les plus inavouables.
Comme disait ma grand mère: "CIRCLE, c'est un peu comme si Judas Priest avait décidé pour son ultime reformation de reprendre CAN après un workshop en compagnie de Klaus Schulze et Christian Vander dans l'hélicoptère de Stockhausen."
Une certain goût de la démesure, le tout bourré de bracelets cloutés, de rythmiques motoriques, de riffs inspirés et d’envolées lyriques.
Retour de l’homme-orchestre le plus déjanté du sud des USA.
Toujours accompagné de Miss Pussycat, ses maracas, ses costumes et son théâtre de marionnettes délirant.
Depuis plus de quinze ans ces deux agités du boogie explorent les limites d’une musique de danse, inspirés par le rock le plus bruyant, sans complexes. Les premières activités discographiques de monsieur Quintron sont étroitement liées aux labels US spécialisés dans le rock dégénéré : Bulb records (les premiers Wolf Eyes) et Skin Graft (US Maple, Melt Banana etc...).
Le couple infernal Quintron / Pussycat fait penser indéniablement à d'autres classiques du genre: Lux Interior & Poison Ivy, Bretzel Göring & Françoise Cactus, Ike & Tina Turner ou Stone & Charden (période aciiiiiid).
Transporté énergiquement par les frasques d'un orgue hybride mi-Hammond, mi-Fender Rhodes rendu volontairement incontrôlable, leur psycho-boogaloo swampadelic comprend également toute une myriade d’instruments électroniques faits maison, dont la fameuse Drumbuddy, sorte de boite-à-rythme mécanique pourvues de plusieurs oscillateurs du meilleur effet et plus rarement la Spit Machine … étonnant orgue-à-crachats.
Enracinée dans la musique festive traditionnelle de Nouvelle-Orléans où ils tiennent le club Spellcaster Lodge, l'âme du duo trouve également ses racines du côté des fantômes de Memphis. Le goudron et les plumes en plus.
Certains journalistes peu scrupuleux les ont qualifié d'"electroclash" (oh my god, j'ai dit 'electroclash” !), à Sonic Protest on préfère que vous vous fassiez une idée par vous-même.
Attention, aucun vaccin efficace n'a été trouvé à ce jour pour enrayer la fièvre made in Louisiana avec laquelle ces deux énergumènes contaminent inlassablement les dancefloors.
Konono N°1 forme un pont entre tradition et modernité, acoustique et électrique, musique de rue et musique expérimentale.
Le groupe a été fondé durant les années 60 par feu Mingiedi Mawangu, virtuose du likembé (aka sanza ou "piano à pouces"). En expérimentant avec des éléments prélevés dans de vieux alternateurs de voiture, Mingiedi a inventé son propre likembé électrique qu'il branche dans des mégaphone/lance-voix, haut-parleurs coniques qui bordent les quais de gares aux colorations sonores très marquées.
Les musiciens sont originaires d'une région située à cheval entre le Congo et l'Angola et c’est en s’établissant à Kinshasa, ville bruyante et chaotique, qu'il leur a fallut amplifier leur instrumentarium mêlant likembés électriques de plusieurs tailles et une section rythmique où se croisent casseroles, pièces de voitures et percussions traditionnelles.
Leur style emprunte largement aux musiques de transe bazombo mais il leur a fallu littéralement composer avec la distorsion du système d'amplification, au départ non voulue mais inévitable. C'est ainsi que pour s'adapter à cette contrainte nouvelle Konono N° 1 a développé un style unique qui les a rapproché fortuitement de l'esthétique du rock et de la musique électronique les plus "extrêmes", tant par leurs sonorités que par leur volume (Konono N°1 joue devant un mur de baffles) et leur 'groove' implacable.
Acclamé par la critique et collaborant avec The Ex, des membres de Deerhoof, Batida ou Björk : Konono N°1 est une phénomène unique à l’échelle mondiale et commence cette tournée-là à Sonic Protest !
Nicolas Collins occupe une position centrale dans l’histoire de la musique expérimentale nord-américaine contemporaine, de la culture DIY et de l’utilisation de l’électronique dans la création sonore.
Né en 1954 à New York, il fit partie des premières générations d’étudiants de John Cage et d’Alvin Lucier et a passé pas mal d’heures au CBGB. Travaillant autour de ce qu'il nomme 'the acoustic splendor of controlled chaos”, son oeuvre musicale a évolué, passant d’expérimentations du feedback à une attention de plus en plus forte pour le détournement des matériaux techniques qu'il transforme en instruments partiellement autonomes, exigeant des musiciens une forme
d’attention permanente aux imprévus sonores et une collaboration modeste avec les machines.
Son livre, 'Handmade Electronic Music”, fait office de bible pour tous les bidouilleurs, recycleurs et hackers de la planète.
Depuis 1991, l’artiste britannique Vicki Bennett travaille dans le domaine du collage audio-visuel. Désormais reconnue comme une figure influente et novatrice dans le domaine en constante mutation du sampling, elle s’approprie et recoupe des vidéos d’archives.
Sous son nom d’artiste People Like Us, Vicki s’est spécialisée dans la manipulation et la re-création de films, d’émissions de radio ou de compositions musicales, que ces différentes sources soient issues de la culture populaire ou underground.
Tout comme Negativland ou John Oswald, People Like Us est engagée dans la lutte contre le copyright et milite pour l’accès libre aux archives à des fins créatives. En 2006, elle fut la première artiste autorisée à accéder à la totalité des archives de la BBC sans aucune restriction. Waow !
People Like Us a montré son travail dans différents lieux et pays, de la Tate Modern à Londres, au festival Sonar à Barcelone, en passant par les émissions de radio de John Peel !
Pour la première fois en France elle présentera sa performance Citation City, créée à CTM 2015. Influencée par l’oeuvre inachevée The Arcades Project du philosophe allemand Walter Benjamin, cette nouvelle création présente un portrait audiovisuel halluciné de Londres à travers le détournement de plus de 300 extraits issus de films comportant des scènes se déroulant dans la capitale britannique.
Une nouvelle intrigue gigantesque émerge de ce collage/labyrinthe intemporel et enivrant.
Bénéficiant d’un montage vertigineux, cette ode au cinéma de genre malmène l’imaginaire collectif pour notre plus grand plaisir.
L’histoire d’une histoire dans l’histoire d’une histoire dans l’histoire….
Basé entre Lyon, Marseille et Strasbourg, ce quartet aux nombreuses ramifications (Année Zéro, Ventre de Biche, Zad Coquart, Theoreme...) creuse la tranchée ouverte par Brainbombs, No Trend ou encore A.H. Kraken, pratiquant un rouleau compresseur no-wave incisif et strident portée par le chant déluré de Maïssa qui évoque le meilleur de Lizzy Mercier Descloux.
Depuis 2010 le groupe a sorti deux cassettes (Tanzprocesz et Rank Toy), deux 45t (chez les Français de Inch Allah et les Canadiens de Sweet Rot), et s’apprête à sortir enfin un premier LP.
Dévastateur sur scène comme sur disque, leur concert s’annonce comme une entrée en matière en plein dans les dents !!
Depuis la sortie de son premier maxi en 1981 (Dans Le Blizzard - New Rose) Warum Joe suit son chemin de traverse loin du showbiz punk.
Préférant l’autoproduction à l'opportunisme des majors, le groupe peut se targuer d'une discographie sans écueil.
Fidèle à un réseau alternatif sans concessions, Warum Joe joue sur scène comme sur disque, une musique redoutable et sans prétention. Boîte à rythmes vintage, synthétiseurs analogiques, basse marteau-pilon, guitares acérées et chant scandé. Sens critique versus auto-dérision. Un pied dans le cold-punk, l'autre dans le synth-wave et la tête dans le guidon. 12XU.
Chacun des morceaux est mis au service de paroles témoignant d'une capacité d'observation inégalée dans le rock français des trente cinq dernières années : le regard est lucide, souvent amusé ou parfois irrité mais toujours révolté.
En 2016, Warum Joe est plus que jamais la réponse féroce face à une nouvelle scène française aux références növo inconsistantes.
PKN c'est l'essence même du punk-rock.
Énergie primitive, fragile et brutale, urgence et décibels : le fantôme de Discharge n'est pas loin, influences scandinaves (Terveet Kädet) en plus.
Rythmique binaire, riffs abrasifs et chant frontal. D-Beat's not dead.
Les chansons de PKN évoquent, comme chez tout bon groupe punk, la frustration, l'amour, l'hypocrisie et surtout…la haine des podologues !
Les quatre membres (deux autistes et deux trisomiques) se sont rencontrés lors d’un atelier musique dans un établissement pour personnes handicapées à Helsinki. Leur passion commune pour le street punk, la oï! et le hard-rock les a amené à monter ce groupe hors norme et ravageur. Grâce à la bienveillance de leur manageur-ami-accompagnateur Kalle Pajamaa, ils ont très vite sortis leurs titres explosifs sur de nombreux labels des quatre coins du monde avant d'être signés chez … Sony et sélectionnés pour représenter la Finlande à l'Eurovision 2015 (qu'ils n’ont pas gagné …) !
Un bol d'air frais pour les zombies du punk mais surtout un véritable coup de boule aux préjugés en tout genre.
Dépêchez-vous : il y a des chances que le concert soit quasi-complet au moment où vous lirez ces lignes.
DENSELAND [ALL] (David Moss, Hannes Strobl, Hanno Leichtmann)
ALLEMAGNE
Dense Machine
Denseland est un trio berlinois, tendance moderniste qui mélange les extravagances vocales de David Moss aux grooves cliniques et multicouches de l’impeccable section rythmique & électronique tenue par la doublette Hanno Leichtmann & Hannes Strobl.
Les 3 musiciens n'en sont pas à leurs premières armes: l'acteur, chanteur (d'opéra !) performeur et percussionniste David Moss à partagé la scène avec Heiner Goebbels, Fred Frith, Jon Rose ou Tom Cora.
Il est le co-fondateur et le directeur artistique de l'Institut for Living Voice où se croisent les plus grands chanteurs vocalistes du monde.
Hannes Strobl et Hanno Leichtmann hantent les musiques électroniques allemandes depuis plus de 15 ans avec des collaborations avec Tony Buck et Toshimaru Nakamura ou de projets tels que Static (City Center Office), Paloma ou plus récemment Groupshow avec Jan Jelinek.
Beats ambigus teintés techno à un pied joués acoustique et à la main, lambeaux d’une voix qui frotte la membrane du haut-parleur, commentaires vocaux sardoniques, nappes grinçantes, accidents de la boucle, mégaphone aphone et close-miking : la musique de
Denseland convoque tout autant Lou Reed période Berlin (forcément), Einstürzende Neubauten (période Golf Drouot), la folie vocale de Roy Hart & Laurie Anderson, les débuts des Contortions, une version très très réduite de Grandmaster Flash ou encore une collaboration entre John Carpenter et Ken Nordine !
Like Likes Like, leur deuxième album à la production exigeante et pointue tourne en boucle dans le büro de Sonic Protest depuis 2013 et c’est avec les oreilles tout sourire que le festival les accueille pour leur première et unique date en France !
Maria Bertel & Mariachi, c'est un duo inédit, créé pour l'occasion. World première à Sonic Protest.
Membre active de Selvhenter (dont le premier concert en France a été ressenti comme une véritable déflagration sonore au festival Sonic Protest en 2014) et du collectif Eget Værelse (label et collectif regroupant une bonne part de la scène expérimentale et improvisée de Copenhague), Maria Bertel explore les possibilités du trombone poussé à l’extrême, avec ou (plus rarement) sans amplification.
La radicalité et l’énergie de son approche la place dans la grande famille des expérimentateurs furieux du souffle amplifié, de Borbetomagus à Antoine Chessex.
Mariachi c'est un projet tout neuf de Nina Garcia, en solo. Entre musique improvisée et noise, elle expérimente sur un dispositif réduit au minimum : une guitare, une pédale, un ampli. Point.
Dans sa musique, on trouve en vrac : feedbacks, crépitements, courts-circuits, impacts, harmoniques, grincements, débordements, et par hasard, notes et accords presque parfaits. Affiliée à No Lagos (non-label parisien foufou foutraque avec Mamiedaragon,Terrine, etc), Mariachi joue beaucoup en solo et est à l'origine de ce duo dont on peut imaginer qu'il sera énergique et sympathique.
Hans Joachim Irmler & Jaki Liebezeit sont deux figures mythiques du krautrock, que ce soit aux claviers de Faust pour l’un ou à la batterie de Can pour l’autre.
Depuis la fin des années soixante, ces deux artistes cultes ont défini à leur manière un son unique, une nouvelle manière d’envisager la musique dont l’influence est incalculable.
Séparément, ils ont collaboré avec des musiciens aussi divers que Z’ev, Burnt Friedman, F.M. Einheit, Chet Baker, Franz Hauzinger ou Jah Wobble !
Ensemble, ces deux légendes vivantes créent un véritable objet sonore non-identifié où il est question de polyrythmie, d’espace, de chaos, de collision, de virtuosité, de groove, de distortion et de répétion. Ad lib.
Irmler & Liebezeit s’envisage comme un duo dont la musique dépasse la simple addition de leurs deux discours : se libérant de la mesure, il s’affranchissent de la métrique sans renier la pulsation et s’offrent à la démesure, à l’improvisation en flux tendu, en toute liberté, loin des modes … et en plein dans le monde !
C’est leur premier concert en France !
VENDREDI 15 AVRIL | 19h30 LA GÉNÉRALE 14, avenue Parmentier, 75011 Paris Plan d'accès Entrée libre
SOIRÉE DE CLÔTURE DU FESTIVAL ET DE L'EXPOSITION RE:CYCLE
PROJECTSINGE : LogforData_Connection [FR]
FRANCE
Complexités décomplexées
Membre du collectif Projectsinge et instigateur du projet LogforData, Jean-François Blanquet est artiste du détournement technologique qui cherche dans l’empilement, la permutation, le débordement et le brouillage, une réécriture des médias qui sont à notre disposition.
Il propose une relecture du quotidien en donnant à voir ou à entendre autrement les flux (radio, Wi-Fi, etc) et objets technologiques plus ou moins surannés qui nous entourent.Il s’agit, cette fois-là, d’utiliser des cassettes audio sur lesquelles des textes encodés en données numériques sont enregistrés sous forme sonore. Puis de les décoder à l’aide d’ordinateurs en analysant leur signal.
Le décodage est le résultat à la fois de l’impartialité mathématique du monde numérique mais aussi de l’instabilité des systèmes analogiques. Des erreurs se produisent, le texte mute.
Un dispositif producteur de sens et de zones non gouvernables.
La cassette est un média historique du monde numérique dans le domaine de la sauvegarde, elle est à présent obsolète et plus personne ne s’en soucie.
A l'heure d'Internet et de ses réseaux, elle permet de transporter des données et d’échapper à toute surveillance. Il est également question de protection des données par cryptage du contenu.
À l'aide de transducteurs branchés sur des smartphones, les utilisateurs mettent en vibrations des éléments du mobilier urbain et créent une réalité sonore augmentée dans la rue.
L'art sonore pour tous... et partout, puisque les dispositifs seront prêtés aux visiteurs de l'exposition aussi bien qu'aux spectateurs des soirées de concerts et c'est la rue qui devient un terrain de jeu et d'écoute.
Yves-Marie Mahé est un cinéaste expérimental qui s'inscrit principalement dans le courant du found footage et du détournement en utilisant des techniques d’animation.
Efficace, rapide et agressif, son travail, tout en se voulant critique, tente de trouver un équivalent au punk hardcore.
Yves-Marie Mahé à réalisé plus de soixante-dix courts métrages depuis 1997.
Fondateur du "Collectif Négatif" depuis 2007, il est aussi producteur de documentaires pour France Culture, Arte Radio...
SAMEDI 2 AVRIL | 15HOO MONA BISMARCK AMERICAN CENTER 34, Avenue de New York, 75116 Paris Plan d'accès
10€ | Accès libre à la conférence
pour les détenteurs d’une place pour
le 6 avril à l'église St Merry
ou d’un PASSFESTIIVAL
Merci de confirmer
votre présence par mail
ELLEN FULLMAN
[USA] Conférence
ÉTATS-UNIS
Un temps de parole pour écouter l'artiste présenter sa démarche et son parcours puis un temps d'échange pour pouvoir la questionner, histoire de profiter de la présence d'Ellen Fullman à Paris et d'un autre moment que celui de la performance pour saisir son travail.
Projection du film
THE PUNK SYNDROME [FIN] de Jukka Kärkkäinen et Jani-Petteri Passi Film sur PKN
(Pertti Kurikan Nimipäivät)
VOSTFR - Durée 1h25
Documentaire sur les quatre membres de PKN, tous adultes en situation de handicap, lors de leur tournée en Europe.
Comme n'importe quel autre groupe, PKN connait des tensions internes, des contraintes de planning et des moments de grâce. Reconnu sur la scène punk, jusqu'en Angleterre grâce à Hard Skin, PKN reste un OVNI comme seule la musique brute sait en produire.
ANTON MOBIN
[FR] (Invité du Goûter Rock) Conférence jeune public
sur la lutherie expérimentale
Focus spécifique jeune public pour le festival Sonic Protest.
Anton Mobin vient présenter ses «Boîtes à Son» à l’élite de 2030 à savoir les 7/14 ans (sans exclure les autres bien sur), et se prêtera au jeu du goûter rock avec la complicité de Kim pour une session interactive (Quizz /Karaok & roll, chorégraphies) suivi d’un « vrai » concert!
Un temps de parole pour écouter l'artiste présenter sa démarche et son parcours puis un temps d'échange pour pouvoir le questionner, histoire de profiter de la présence de Nicolas Collins à Paris et d'un autre moment que celui de la performance pour saisir son travail.